Qui dit cinéma dit aussi musique ! Plusieurs concerts sont prévus dans le cadre de cette première édition du Festival du Film Tunisien à Paris. Vous y découvrirez plusieurs formations issues en partie de la nouvelle scène de musique tunisienne alternative et indépendante, dont plusieurs artistes collaborent activement avec cinéastes et vidéastes.
Le groupe Neshez (rock/reggae/ska/arabo-andalou) incorpore bien ce lien direct entre musique et cinéma tunisien puisqu’il a composé la B.O. du film VHS Kahloucha de Nejib Belkadhi. Neshez donnera un premier concert le jeudi 13 mars en première partie de la projection de ce film. La journée d'ouverture du festival inclura aussi un concert de l’excellent Haythem Achour (electro-jazz-trad) et du virtuose Ziad Ben Youssef (Jazz oriental et musique improvisée). Enfin, le samedi 15 mars, un vrai package deux-en-un de l'underground tunisien vous attend: les deux groupes Zemeken et Neshez live à partir de 21h à l'Archipel. Une occasion des plus rares de voir ces deux groupes sur scène. Au voyage à la fois poétique, cru et intelligent entre orient et occident que propose Neshez s’ajoutera la musique humoristique, satirique et subtile des Zemeken, un groupe tunisien qui mélange habilement pop, rock et musique électronique aux sonorités de la musique traditionnelle et dont le délire musical fait ravage sur internet. Ce festival sera ainsi l’occasion aussi de découvrir un vent de fraîcheur qui souffle sur la musique alternative tunisienne.
Enfin, cerise sur le gâteau, une exposition permanente des photographies de Abdelaziz Belgaïd-Hacine aura lieu au Cinéma La Clef et une table ronde intitulée « Le cinéma tunisien : prémices et promesses d’une vague nouvelle » se tiendra le samedi 15 mars à 15h à La Clef en présence de nombreux professionnels.

Des mélodies tourmentées ornent l'électro de Haythem Achour, alternant en harmonie les temps de colère et de calme. Des vagues d'émotions traduites et dépassées par des aspirations à la transe. Les machines ne domptent pas la nature ; elles aident à la comprendre. Haythem invite deux personnages: Guilhem (vidéo) et Tamara une chanteuse, qui traverse avec sa voix des univers éclectiques, inspiré des musiques traditionnelles et du monde si vaste du jazz.

Neshez (en arabe disharmonie, dissonance ou non-sens) est un groupe tunisien mixte de musique amateur et sans prétentions, amoureux de malouf, de chansons chaabi tunisiennes, de reggae et de rock. Ses deux principaux représentants sont: Heykal Guiza et Skander Bouassida.

Joueur de Oud inspiré, Ziad grandit à Kelibia en Tunisie où il apprend le oud et la musique orientale. Il vient en France poursuivre des études de droit et s’installe à Bordeaux où il continue de travailler autour des musiques improvisées et sur la signification de la tradition musicale.
Animée par Oliviet Barlet (Africultures) et Mériam Azizi (Africultures & ATPCC)
Voilà presque quelques années que le cinéma tunisien a pris un nouveau tournant. Le sens et, si l’on peut dire, l’essence de ce changement correspondent à la volonté de confirmer le primat de la représentation de l’identité du tunisien en tant qu’individu sur la peinture du pays et le souci de bien marquer sa couleur locale. Immense révélation : à lui seul, le tunisien en tant que maillon de la société, constitue une matière humaine qui, source d’inspiration, se transforme sitôt en une aubaine pour la création filmique. Ce point du premier volet de notre thématique nous amène, au deuxième axe qui traitera, par conséquent, de la nouvelle conception dramaturgique du cinéma tunisien à savoir une dramaturgie centrifuge dans le sens où elle met en scène des histoires de faits divers dont les principaux acteurs se distinguent par une caractérisation des plus communes et surtout psychologiquement manichéenne. Autrement dit, plus de séparation entre le méchant et le gentil. Un personnage crédible cumule les deux traits. A partir de cette réflexion, nous pourrions conclure de l’émergence d’un nouveau genre cinématographique tunisien. Nous débattrions sur le renouveau du cinéma tunisien à travers le double aspect cinéma populaire/cinéma d’auteur comme une urgence et un besoin d’une nouvelle expression audiovisuelle.
Pour assurer l’interactivité de la discussion, nous avons choisi la filmographie suivante :

Formé en 2003 le collectif tunisien ZeMeKeN est constitué d'un groupe d'amis qui se connaissent déjà depuis longtemps (certains ont même passé issizième ensemble). Tous amateurs de musique et ayant toujours joué à quelque chose (guitarra, darbouka, shkoba, belote, shitranj wella dama) nous avons décidé d'enregistrer des morceaux juste pour s'amuser, "3al jao" voir même "3al faza"! Le but de ce projet est de passer un bon moment avec un peu d'humour tounsi, des références aux fondations de l'identité tunisienne (on entend par là: bouga cidre, lablabi et la chicha) et un clin d'oeil nostalgique à cette enfance passée en compagnie de Qrinit il shalwesh, Zina wa Nahoul, Sasuki et Takaya Todoroki! Le nom du groupe est la juxtaposition de deux mots: Zemen (le temps) et Meken (le lieu) et représente ainsi la notion du spatio-temporel (yiiiikdhib!).
Le 1er Festival du Film Tunisien est organisé par les Jeunes Tunisiens 